Des origines à nos jours
C'est sans doute une erreur
historique, en effet, tout un chacun pense que le rugby trouve ses
origines en Angleterre. Alors que nous trouvons trace de ce sport dans
la Grèce Antique. Ce jeu oppose deux équipes qui doivent, en luttant
l'une contre l'autre, porter une vessie de boeuf gonflée d'air ou
remplie de sable dans des endroits déterminés d'un terrain non encore
limité. Ce sont probablement les armées romaines qui l'introduisent dans
la Péninsule. Ils appellent ce jeu
«
HARPASTUM ».
Sous la domination des troupes Romaines de Jules césar, les
populations,notamment Provençales et Armoricaines, découvrent ce sport.
Peut être y jouait-on déjà à AGINNUM (Agen) à l'époque Gallo Romaine de
50 avant Jésus Christ à l'An 275.Nul ne sait comment ce jeu passe en
Angleterre, toujours est-il que des siècles plus tard, il y fait fureur.
Ce jeu de ballon qui du temps de César s'adressait aux militaires
devient, au Moyen Age, un sport populaire où la rudesse l'emporte sur
les règles établies par l'esprit de discipline des Romains. Des
chroniqueurs, en 1175, nous apprennent qu'aux alentours de Londres, des
jeunes gens se réunissent pour jouer au ballon (Agen devient Anglais en
1154)...Il existe à l'époque deux sortes de jeux : le HURLING OVER
COUNTRY (H.C)et le HURLING AT GOALS (H.G).Le premier (H.C) oppose les
hommes d'une paroisse contre ceux d'une autre. Il n'a aucune règle,
aucun terrain déterminé, le nombre de joueurs est illimité. Le but
consiste à porter, coûte que coûte et par n'importe quel moyen, le
ballon vers des buts parfois distants de plusieurs kilomètres. A l'issue
du jeu ou plutôt du combat,les plaies, les bosses, les dégâts matériels,
les morts y sont légion. Quant au second, lui, possède déjà des règles :
30 à 60 joueurs répartis par paire,un terrain ne dépassant pas 100
mètres de long, on se plaque au dessous de la ceinture, un joueur placé
devant le ballon ne doit pas s'en saisir. Il faut porter le ballon dans
des buts opposés pas plus larges qu'une cage de hockey. Un jeu très
semblable se pratiquent en France. Selon les régions, son nom diffère.
En Bretagne, il se nomme la SOULE ou MOLLAT (règles très voisines de l'H.C).En
Picardie, il se nomme la CHOULE et oppose des célibataires à des hommes
mariés et seuls les vainqueurs gagnaient le droit de danser avec les
femmes le soir des rencontres (peut être trouve-t-on là les prémices de
nos troisième mi-temps!!!).Tous les jeux disparaissent soudain en France
vers 1850.
En Angleterre, par leur popularité, ces jeux de ballon détournent les
hommes du maniement de l'arc et mettent le royaume en danger. Le pouvoir
royal essaye de les interdire ... mais en vain. Il fallut plusieurs
siècles et l'intervention massive des puritains de l'époque pour que ces
jeux perdent de leur popularité et leur caractère de masse. Au XVIII, en
Angleterre, le HURLING ne se pratique plus que dans les grandes écoles.
Chacune possède ses règles propres. En 1823, un étudiant du Collège de
RUGBY, WILLIAM WEBB ELLIS, à l'idée d'instituer une méthode précise.
Immédiatement, les élèves de RUGBY l'adoptent. Bien vite, ceux d'OXFORD
et RICHMOND les imitent, ce jeu où l'on peut utiliser les pieds et les
mains prend le nom de RUGBY et le jeu qui continue de se pratiquer dans
les cours et sous les préaux dallés des collèges prend le nom de«
DRIBBLING GAME ». En 1863, des Représentants de ces deux « nouveaux
sports » se réunissent pour tenter le rapprochement de ces deux
disciplines mais trop de différences les séparent et dès 1871, se crée
une RUGBY FOOTBALL UNION alors que le dribbling game est dirigé
désormais par le FOOTBALL ASSOCIATION. Dès 1873, de jeunes étudiants qui
pratiquent le rugby Outre Manche tentent de l'implanter en France. De
nombreuses tentatives avortent au Havre puis à Paris, principalement à
partir des lycées.1889 : l'union des Sociétés Françaises de Sports
Athlétiques, fondée par le Stade et le racing, prend en main, en même
temps que celle de l'athlétisme, la direction du rugby pratiqué
conformément au code Anglais. L'école de MONGE remporte le premier titre
en 1890 à l'issue d'un tournoi triangulaire organisé par PASCHAL
GROUSSET sous l'égide de la ligue nationale de l'éducation physique. En
1892, le Racing devient le premier champion de France après sa victoire
par 4 à 3 en finale face au stade Français. Le 12 Avril 1892, premier
match international en France. Il oppose le stade Français à
ROSSLYN-PARK de Londres. En 1893, une sélection Parisienne avec Frantz
REICHEL à sa tête défie les Anglais sur leur terre. Deux défaites pour
les Français mais la voie internationale est ouverte pour ce sport. Il
faut attendre 1908 et la fusion de deux clubs de la Ville d'AGEN :
Sporting Club Agenais commandé par ARMANDIE (Club de rugby ) et l'Union
Sportive Agenaises (Cyclisme) pour voir naître le S.U.A.. En 1920, le
rugby s'étend dans la région et plus précisément à LAYRAC. Ce club
disparaîtra en 1930 pour ressurgir de ses cendres en 1941.
HISTORIQUE
de L'A.S.Passage-Rugby
Le stade Michel RICARD est dans les années
1936-37-38-39 un pré à vaches où, malgré les interdictions du propriétaire
du château de Ganet, des gamins de LASMOUNINES, à peine âgés de 6-7 ans
(Jean MATHIEU, André LARROCHE ...) pratiquent déjà le rugby.Les éducateurs
Etienne PARISI et CARRERE entraînent sur ce même pré les Titi PARISI,
Jeannot CARRERE, Robert LAGLEYSE, Yvon GUILLOUX, André BERDINELLE, Yves
LARRIVIERE, Maurice MATHIEU, Jeannot LEMEUR,Jacques BOUSTENS et quelques
autres. Ils ont une quinzaine d'années et ne voient pas d'un bon oeil la
présence des mioches du quartier. Ceux-ci pour se venger leur cachent ou
suspendent les vélos aux arbres bordant la route de GANET, aujourd'hui Rue
P. BEME.1939/1944 - Le temps de la guerre, et si le rugby continue, le
coeur n'y est pas toujours.Puis, à la fin de la guerre, la saison
1944/1945, le SUA signe un de ses premiers grands exploits. Après avoir
sorti FUMEL en demi finale, il remporte, pour la deuxième fois de son
histoire, le championnat de France en s'imposant face au LOURDES de Jean
PRAT et gagne la même année la coupe de France face à l'A.S
MONTFERRANDAISE (14 à 13 dont un essai de Robert LANDES ... futur
Passageois).Les gamins ont maintenant 16 ans et plus. Ils ont les yeux de
chimène pour Coco BLANC, Claude FONTANIE (futur Passageois lui aussi), Guy
BASQUET, la seconde ligne FERRASSE-LANDES, les Frères CARABIGNAC etc...
Ils veulent tous jouer au S.U.A Hélas, il y a beaucoup de prétendants et
peu d'élus.Il y a ceux qui jouent, ceux qui font banquette et ceux qui
restent aux barrières.Alors pour jouer il faut aller ailleurs. Jean
MATHIEU nous raconte :
"Décembre 1945, quelques jours avant Noël, avec des copains, nous
préparons notre premier réveillon de Noël, au café du Nord (Aujourd'hui
Crédit Lyonnais),bar tenu par mes parents. Tout à coup, me vient l'idée de
leur proposer la création d'un club de rugby. Les copains sont d'accord,
les anciens le seront, un club de rugby va naître au PASSAGE D'AGEN." Il
pourrait s'appeler l'A.S PONT DE PIERRE. Claude SOUQUET en rédigera les
statuts.Après les fêtes, je demande à être reçu par le Directeur de la
Jeunesse et des Sports. Je lui fais part de notre intention, il me sourit,
demande mon âge et très sympa, me conseille d'aller voir .... le maire du
PASSAGE D'AGEN, Monsieur CAZENEUVE.
Monsieur le Maire me reçoit, il est comme beaucoup, supporter fidèle,
voire acharné, du S.U.A. A ma requête, il se met en colère, me disant
qu'il n'était pas possible de faire un club de rugby aussi près d'AGEN et
que si nous voulions jouer au rugby, des solutions se trouvent pas bien
loin (AGEN bien sûr et pourquoi pas LAYRAC...).Je quitte ce Monsieur en
lui signifiant que je lui présenterai bientôt les statuts signés par des
adultes.
« Alors il faudra l'appeler l'A.S. PASSAGE »
me dit-il d'un ton sec.
De la Mairie, je me rends chez Léo VIDALOT,
l'épicier de LASMOUNINES, à l'angle de la Rue de Ganet et de l'Avenue de
la Marne.Je lui explique la situation et lui demande de devenir
le Premier Président de l'A.S.P. Il lui
suffit d'apposer sa signature au bas des statuts. Le lendemain, une
réunion au sommet se tient chez mes parents qui jusque là ignorent tout. Y
participent François CASTEL, Boulanger Avenue de Verdun,d'origine
Espagnole, il ne sait pour ainsi dire pas lire le Français, il deviendra
le Trésorier du club et plus tard le beau-père de PENARUN qui lui
succédera à la boulangerie, claude SOUQUET, Emile DUFFAU, Robert BOISSEL,
Jean VIVARES, Edmond BORDES, Pierrot PRADAT, Etienne MATHIEU mon père,Jean
VERDINELLE, Etienne PARISI.
1946/1947
Notre équipe 1ère
participe au Championnat Régional :Jean MAZEL, Jean et Pierre BORDES,
André et Louis LARROCHE, Etienne et Félix TORTUL, ROBERT, René et Jean
DUCASSE, Nicolas MIDCHENKO, Christian GUILLOMET, Titi PARISI, Robert
FRAYSSINET, Dédé DUPLAN, Dédé BERDINELLE, Jeannot BRANDOLIN, François
BRESOLIN, Dédé BERGALASSE, Frantz et Michel RICARD, Maurice et Jean
MATHIEU,LEMEUR, LAGLEYSE et d'autres composent cette équipe.1947/1948 Théo
ROLLAND entre au Club comme entraîneur COUSIGNE, A. PEZET, N. BUDZIGfflN,
J. CADEAC, Pierre COUTY, KikiCAVAL, J. FROMENTY, Ignace PAGOAGA, M.
PERPIGNA, GILARD,AILLERES, SOURBETS, DELAGE, ZIMMERMAN, ROQUELAURE, Jean
Paul BALAS, RIGAL, PERPERE, CAMPISTRON, POUJADE, DUCOS, Jean BOUTANNE,
CAUBET, LACOSTE, DELLAC, CABESTAN, BOUYTET, AGUILARD, GUTTIRIEZ, Jean
DUFFAU, Gilles, Michel, Jo BENEITE, Jacques BOUSTENS...et beaucoup
d'autres viennent très vite défendre nos couleurs . |



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LE ROUGE ET LE BLANC
L'A.S.P.
s'habille de rêve Jean MATHIEU, l'un des principaux fondateurs de l'A.S.P.,
rêve de posséder une voiture anglaise décapotable : la « Georgira ».En
1946, il y en ajustement une qui circule à AGEN, sa carrosserie est
blanche,l'intérieur en cuir rouge :
les couleurs du club
sont trouvées !Pourtant,
bien qu'aux couleurs rouge et blanc, l'A.S.P. porte, à ses débuts, des
maillots jaunes et des shorts bleus. Ces couleurs sont beaucoup moins
fréquentes sur les différents terrains du Lot-et-Garonne
et du Périgord Agenais.
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LE STADE MICHEL
RICARD
Avant
1946, le terrain importe peu, l'important c'est de jouer au rugby. Le
champ de blé de la famille DE SEVIN fait l'affaire.1946/1947 : Les choses
sérieuses commencent. Sans terrain, nous évoluons toujours chez
l'adversaire, sauf pour les matchs les plus importants pour lesquels nos
rencontres se déroulent soit sur le stade qui appartient à l'armée de
l'air, le stade GUYNEMER situé près de l'aérodrome la GARENNE où se trouve
aujourd'hui le service des Douanes, soit sur le terrain du S.U.A. A
GUYNEMER, pas de tribune, pas de douche, seulement un hangar qui nous sert
de vestiaire. Après les matchs, douche à la ferme d'en face, dans une
grange généreusement et gracieusement prêtée. Ni l'eau courante, ni l'eau
chaude, GARCIA dit Néné et CASTEL le Boulanger nous amènent des bidons
d'eau qu'ils ont préalablement chauffée dans le fournil. On se lave par
vague, au rythme des bidons. Pour les entraînements, nous allons au
terrain de BAROY en face de l'usine à bois BAREYRE, à gauche de la route
qui nous mène aujourd'hui au Centre Aéré de ROSETTE ou à la 4ème écluse du
Canal. |

LE STADE MUNICIPAL ST GERMES

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